Quand on crée son entreprise, arrive rapidement le moment crucial où il est nécessaire de se poser la question du lieu de travail. Bien sûr que le côté pratique est essentiel: les accès, la taille du local, la possibilité de se parquer… mais c’est également une question d’image. Par exemple hier une connaissance m’informait du déménagement de ses bureaux d’une petite ville à Fribourg, afin d’être plus proche de la Romandie et surtout, accessible rapidement en train pour ses clients et ses employé-e-s. Cette entreprise tient à se profiler « transports publics », et le côté « image » a autant d’importance que le côté « pratique ».

J’entends également régulièrement des entreprises de périphérie se plaindre d’avoir de la peine à engager des employés qualifiés, car trop éloignées des centre-villes. En effet, si l’habitant de périphérie a l’habitude de se déplacer pour travailler, il n’en est pas de même d’une personne qui habite plus près des centres.

Lorsque j’habitais Fribourg nous parlions d’un décalage ville-campagne, mais il était admis que quasi tout le monde travaillait en ville. En Valais, nous évoquons plutôt les différences plaine-montagne. Au-delà des enjeux politiques et des différences de chaussures en avril (les montagnards qui débarquent en ville avec leurs grosses chaussures alors que tout le monde est en mode printemps comprendront), se pose la question de l’emploi: est-ce que le tertiaire a un avenir en montagne? Maintenant que le secteur secondaire est mis à mal par la Lex Weber et la LAT, peut-on encore espérer avoir une qualité de vie optimale en allant à pied au bureau, en partageant le repas de midi avec ses enfants et en achetant ses courses ailleurs que dans un centre commercial?

Je ne peux bien sûr pas répondre à cette question de manière générale, mais j’y ai répondu pour moi. Car il est temps pour mon entreprise d’avoir un lieu représentatif de son esprit, un lieu qui peut accueillir collaborateurs et clients. Ce lieu sera situé à Orsières. Parce que je pense qu’on ne peut pas défendre un mode de vie en montagne et déserter dès que l’on crée quelque chose. Parce que je me déplace facilement vers mes clients en transports publics. Parce que quand je dois bosser, que je sois dans une grotte ici ou là-bas ne change rien. Et parce que ma maison, ma famille est là.

Pratique? Pas seulement. C’est un engagement.

 

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